Médecin, (Louvain 1857- Anvers 1929) Epoux de Sylvie Reding, fille de Charles Reding
Il nait le 16 avril 1857 à Louvain, fils de Jean-Joseph, gendarme (° Vaux et Borset 28/6/1819) et de Adrienne Hubertine Krens (° Bree 15/2/1824). Son frère ainé Léonard meurt un mois après sa naissance, à 14 ans. Son frère Gustave, de 13 ans son ainé, fera des études de médecine, épousera Alix Bastin, s’établira à Ohey et aura une nombreuse descendance. Gustave restera dans l’histoire de la médecine pour avoir établi un rapport circonstancié sur une miraculée de Lourdes. Il semble avoir été membre du parti catholique et interviendra d’ailleurs en faveur du colonel Reding pour obtenir pour celui-ci la fonction de commandant de la place de Namur[1] et un commissionnement comme général major. L’autre frère de François Froidbise, Théophile, fera des études de théologie et deviendra curé de l’église Saint Michel à Louvain. Théophile décèdera à l’âge de 48 ans. Les trois sœurs de François, Hortense, Octavie et Pauline, resteront célibataires.
François Froidbise fait de brillantes études de médecine à Louvain en tant qu’élève médecin militaire. Il acquerra vite une certaine réputation. Il sera secrétaire de la société médicale de Louvain pendant l’année académique 1879-1880 et rédigera à ce titre le rapport de l’année sur les travaux de la dite société. Le recteur de l’université de Louvain, Abbeloos, le proposera comme directeur de l’institut ophtalmologique de Louvain en 1890. ce qui sera refusé par la hiérarchie militaire. Il connaitra de nombreuse affectations dans différents régiments et différentes villes, : Anvers, Liège, Hasselt, la camp de Beverloo. Il épouse à Anvers, en 1890, Sylvie Reding, la fille du commandant du 6ième de Ligne, le colonel Charles Reding, de 12 ans plus jeune que lui. (Et très amoureuse, d’après la tradition familiale). Ils auront trois filles : Anna (1891), Maria (1894) et Irina, morte à 1 mois en décembre 1898. En 1898 il fait construire sa maison à Anvers, au 75 rue de la Justice[2] par l’architecte Durlet. En 1892 il soignera une épidémie de fièvre typhoïde à Saint Bernard (Hemiksem) où sont casernés quelques régiments et où l’armée possède une magasin d’habillement. Il publiera une communication remarquée sur cette épidémie, concluant à une transmission de la bactérie par voie aérienne sur deux kilomètres[3]. François Froidbise poursuivra sa carrière comme médecin militaire, ce qui implique des mutations plaisantes et moins plaisantes. En 1907 sa hiérarchie refuse la proposition qui lui est faite de devenir directeur de l’institut ophtalmologique de Bruxelles. En 1912 il est fait officier de l’Ordre le la Couronne et médecin principal de 2ième classe. Les affectations se suivent et paraissent peu logiques : En mai 1913 il est désigné pour prendre temporairement la direction de l’hôpital militaire de Mons. En novembre 1913 il est désigné pour être attaché à l’hôpital militaire d’Anvers. En juin 1914 il est nommé médecin principal de première classe. En juillet 1914 il est désigné pour être médecin divisionnaire de la 5ième division armée et pour diriger l’hôpital de Mons. La famille Froidbise maintient sa résidence à Anvers, et Anna et Maria s’amusent. Le 2 août 1914 à Anvers, sa fille Anna épouse Noël Coulomb, un homme d’affaires de nationalité française. Le 4 août les Allemands envahissent la Belgique. Le 10 aout 1914 il fait une chute de cheval, et se casse le poignet droit. Il quitte son poste de Mons sans en référer à sa hiérarchie pour retrouver sa famille à Anvers. Rappelé à l’ordre par le général médecin Melis, inspecteur général des services de santé, il rejoint l’hôpital de Louvain le 12 août, où il s’occupe de l’ambulance et des blessés jusqu’au 18 août. Le 18 Louvain est occupé par les Allemands, et l’hôpital militaire est transféré à Gand. Le 19 aout, suite à une alarme à Gand, Froidbise quitte apparemment son poste pour se rendre à nouveau à Anvers, sans ordre. Le général Mélis le convoque le 22, et le sanctionne pour avoir quitté deux fois son poste sans ordre. Froidbise se défend en argumentant qu’il a fui parce que Gand était pris par les Allemands, et qu’il voulait éviter d’être fait prisonnier, mais au contraire rester au service de l’armée. Malgré l’intervention du sénateur Max Hallet en sa faveur, la sanction est maintenue : il est mis au traitement de réforme le 27 aout 1914 et pensionné le 14 septembre 1915. En 1914 il fait passer sa famille en Angleterre et en octobre 1915 il réussit à passer en Hollande, puis à se rendre au Havre pour se mettre à la disposition du gouvernement belge : il demande avec insistance à pourvoir reprendre du service dans une fonction difficile pour prouver son patriotisme. Le 5 décembre 1915 le ministère de la guerre accepte sa demande (l’IGSS avait considéré sa faute comme trop grave en juin et en aout 1915, mais change d’avis en décembre) et il est nommé directeur de l’hopital de Cauvalat dans les Cévennes. L’hopital a été créé pour accueillir les soldats belges souffrant de tuberculose. Le 30 décembre 1915, Froidbise arrive avec son épouse et s’installe au Vigan, 7 Rue de l’Horloge[4]. [OM1]
Il semble diriger l’hôpital à la satisfaction générale, mais subitement en octobre 1916 le ministre de France (ambassadeur) auprès du gouvernement belge en exil au Havre demande au ministre des affaires étrangères belge de demander au « docteur Covala « (sic) de se modérer et de ne pas se mêler activement des querelles locales. Le général Melis lui envoie immédiatement une lettre le mettant en demeure de s’abstenir de toute initiative laissant supposer qu’il se mêle des querelles locales (entre catholiques et protestants). Il le menace, en cas de non-respect des ordres, de le remettre immédiatement dans la position d’officier pensionné. Froidbise répond qu’il n’a jamais pris parti pour quelque religion, et qu’il ne croit pas que l’on puisse lui reprocher d’assister aux offices religieux, de célébrer un Te Deum à l’occasion des fêtes nationales belges, et d’assister aux funérailles des soldats décédés. Melis se range à son avis, et répond en ce sens au ministre de la Guerre. En 1918 l’hôpital est évacué vers Faverges, par mesure d’économie. A l’été 1918, le chevalier de Spirlet et le baron de Crawhez inspectent l’hopital, et remettent un rapport négatif sur Froidbise à l’IGSS, qui recommande sa mise à la retraite. Le rapport reprend les critiques d’ingérences en matière de religion, tout en admettant qu’aucun fait ne peut lui être reproché. C’est manifestement infondé, mais qu’importe. Froidbise se défend, écrit au ministre, demande à être employé dans une autre fonction, mais sans succès. : il est mis à la pension. Après la guerre Froidbise continuera à exercer comme ORL et surtout ophtalmologue à Anvers, chez lui, rue de la Justice. Le 5 mai 1820 sa fille Maria épouse Fernand Marquet, avocat, originaire de La Roche en Ardenne. Froidbise deviendra président de la société de médecine physique, organisera en le premier congrès de médecine physique à Anvers, et découvrira les joies d’être grand-père : Edouard (1915) et Yvette (1919) Coulomb, et Francine (1921), Jacques (1923) , Paul (1925) et Jean (1928) Marquet (qui deviendra lui-même ORL et professeur à l’Université d’Anvers). Il mourra en 1929, âgé de 71 ans. Sa veuve lui survivra et décèdera le 5 janvier 1945. Il sera enterré au cimetière de Berchem[5].
[1] Il n’obtiendra ni l’un ni l’autre. mais il sera nommé commandant de la place de Hasselt.
[2] Sa fille Maria héritera de la maison et elle y habitera jusqu’à sa mort en 1977. La maison sera vendue au décès de son mari Fernand Marquet en 1978.
[3] Bulletin de l’académie royale de médecine 193, pages 398 et suivantes.
[4] Voir Médecins de la Grande Guerre – L’Hôpital militaire belge de Cauvalat (1914-1918.be)
[5] Froidbise Francois (schoonselhof.be) Son épouse, sa fille Maria et son gendre Fernand Marquet reposent également dans le caveau familial, ainsi que son petit-fils Jacques Marquet.
Voir Arbre Voir Fiche TNG