Janine Reding

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Janine REDING (1920-2015)

Janine, vers 1927*

Janine est la fille aînée du couple REDING-GUIDÉ. Sa maman Yvonne est pianiste. Son père Fernand est avocat. Janine a une sœur, de trois ans sa cadette, qui s’appelle Marianne. La famille vit au n°161 Rue Américaine à Ixelles, avec la tante d’Yvonne, Juliette VERCKEN, surnomée Tata.

Janine se souvient : “Nous vivions alors (…) dans une de ces maisons typiquement bruxelloises avec trois pièces en enfilade et en profondeur. Au premier étage, il y avait un piano à queue Pleyel sur lequel ont joué tous les artistes de passage à Bruxelles : Raoul Pugno, Arthur de Greef, Francis Plante, Puccini, Massenet, Saint-Saëns, Albéniz … Les chambres à coucher étaient au deuxième”2.

94, rue des Franklin Roosevelt (Inv. du patrimoine de RBC, 2007)

Janine & Marianne vers 1931*

La maison devint rapidement trop petite pour Yvonne, Fernand et leurs deux filles. En 1930, ils s’installèrent dans une grande maison située n°94 avenue des Nations.

 

2 J. REDING PIETTE (1992), 2 pianos, une vocation, éd. La Longue Vue, p. 12

“Nous avons quitté la rue Américaine quand j’avais dix ans. Mes parents avaient fait construire une vaste demeure avenue des Nations (aujourd’hui Franklin Roosevelt). C’est ma mère qui en avait dessiné les plans. Il y avait au premier étage un vaste salon de musique avec une scène (on pouvait aussi y jouer la comédie) (…) Jusqu’à l’âge de dix ans, je fus une enfant heureuse, choyée. Marianne et moi étions élevées comme deux petites princesses, tant à Bruxelles qu’à Dave où Mamy (ndrl. Yvonne) avait finalement acquis le “Petit Vevy”, une ancienne ferme qu’elle avait transformée, dans un parc de trois hectares avec étang, tennis, roseraie, potager et verger. Au fond du parc se trouvait notre petite maison de jeu où nous n’étions pas aussi souvent que nous le désirions, car nos cours nous sollicitaient très souvent. Il fallait travailler, toujours : “Tu joueras quand le travail sera terminé”3.

Janine et Marianne perdirent leur mère en 1932. “Le 22 décembre 1931 – précise Janine – (elle) fut transportée d’urgence en clinique. Je me rencognai dans un coin de ma chambre, la gorge nouée. Je sentais bien qu’un drame se déroulait. On chuchotait, on ne disait rien aux “petites”. Quatre mois se déroulèrent ainsi. On nous annonça enfin que mamy reviendrait à la maison. C’était le 30 avril 1932.”4

La musique devint un refuge pour la jeune Janine. Élève d’Arthur De Greef, elle donna son premier récital en public à l’âge de 17 ans au musée Charlier (Saint-Josse). En novembre 1939, elle entra (en qualité d’élève libre) à la Chapelle musicale Reine Élisabeth, où elle fit la connaissance du pianiste Henry PIETTE. La père de Janine, Fernand, désapprouvait cette relation ; car il estimait que l’union de deux artistes – deux pianistes surtout – ne pouvait conduire qu’au désastre.

Nous nous produirions chacun de notre côté, disait-il, il assurait qu’il n’y avait pas d’exemple de ménage d’artistes heureux. Mon avenir lui inspirait les plus vives inquiétudes. Plus compréhensive, Bonne Chérie (la grand-mère paternelle) nous défendait. Elle était mon refuge”.5

Janine, Henri et Marianne, à la fin des années 1940

 

3 J. REDING PIETTE (1992), 2 pianos, une vocation, éd. La Longue Vue, p. 15

4 J. REDING PIETTE, id.

5 J. REDING PIETTE, id.

Quelques mois après le décès de son père Fernand, en mars 1942, Janine épousa Henry. Ils sortirent agrégés de la Chapelle musicale en 1943. En 1945, le jeune couple décida de se consacrer au répertoire pour deux pianos. Le duo débuta le 7 novembre 1945 lors d’un concert de l’Institut national de radiodiffusion (avec la Scottish Ballad de B. Britten). Ils menèrent ensuite une carrière internationale, mais ayant horreur de la musique enregistrée – qu’ils voyaient comme une façon de mettre la musique en conserve – ils se refusèrent à sortir le moindre disque.

Fiche d’identité (1953)

Après la mort d’Henry, Janine Reding finit par se raviser et accepta de signer avec la maison de disques Olympia, pour y faire publier trois disques : trois des enregistrements de leurs concerts. Janine mit également sur pied le Concours international Reding-Piette pour duos de piano – financé sur fonds propres – qui eut lieu à trois reprises, à Polička et Prague (du 5 au 11 juillet 1995), à Neuchâtel et La Chaux-De-Fonds (du 22 au 28 juin 1998 et du 23 juin au 1er juillet 2001).

Lors de la première ou deuxième édition (1995*, 1998*), n’étant pas satisfaite du niveau général des participants, Janine refusa que le premier prix soit accordé au meilleur duo et préféra l’auto-attribuer, à titre posthume, à son défunt mari et à elle-même. Lors de la dernière édition, en 2001, le premier prix fut tout de même attribué à un duo russe (Natalia Morozova et Vitalj Younitskj).


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