Directeur du Théâtre du Parc (Bruxelles 1854 – Bruxelles 1932)
(l’article et ses illustrations sont copiés de la généalogie Reding rédigée par Mathieu Simonson)

Fils du pharmacien Lambert Reding et de Catherine Wielemans, petit-fils du docteur Reding, il fit des études de pharmacie à Bruxelles. Mais, amoureux des arts, il délaissa le métier d’apothicaire pour rejoindrel’union littéraire, dont les séances se tenaient le dimanche après-midi dans une salle du Palais de la Bourse. C’est là, le 28 octobre 1875, qu’il décida avec Théo Hannon de lancer l’hebdomadaire “L’Artiste”: une revue artistique littéraire et musicale dont il devint rédacteur de chef: position qu’il céda à son associé en 1877. Ils étaient en désaccord sur la ligne éditoriale du journal, que Théo trouvait trop consensuelle et trop peu fidèle au courant naturaliste. Victor épousa – en 1879 – Rosalie, la fille d’Edouard Polak : un fabricant de l’industrie textile (originaire de Gand et établi à Saint-Josse). Le mariage fut célébré à Bruxelles le 16 juillet 1879. Rosalie avait 20 ans. Victor en avait 25. Quelques mois plus tard, le couple se sépara. Le divorce prononcé le 15 déc. 1881.<À l’époque, Victor publiait des critiques pour La confédération artistique et l’Étudiant. Il fréquentait les salons littéraires et artistiques ( Jeune Belgique, club des XX). En 1888, le poète belge Max WALLER, Frédéric ROTIERS, de la revue belge La Jeune Belgique, et Victor REDING fondent l’hebdomadaire L’Éventail. Ce journal traite de l’actualité théâtrale, littéraire, artistique et mondaine de la ville de Bruxelles. Dès ses débuts, il devient le programme officiel des théâtres royaux de La Monnaie et du Parc et des Concerts populaires.”
Le 12 février 1890, Victor épousa en secondes noces Marie Eugénie PLUYS, élève du Conservatoire de Bruxelles, où elle étudiait le chant lyrique. Il avait 36 ans. Elle en avait bientôt 22. Ils eurent trois enfants : Suzanne (1890-1907), Fernand (1891-1941) et Réné (1895-1951). “La demeure du couple souligne Cécile VANDERPELEN-DIAGRE (2008) – semble avoir été un des lieux attitrés de la convivialité entre hommes du monde et des arts”
Victor devint, en 1899, directeur du théâtre royal du Parc et se mit à travailler à la mise en scène d’un texte d’Émile Verhaeren (Le Cloître). La pièce fut jouée enavant-première le 21 février 1900, sur les planches du Parc. Elle remporta un franc succès.
>M. Victor Reding – écrit Verhaeren – était un directeur vaillant et probe, qui, sans fracas trompeur, sans parade fallacieuse, honnêtement et sainement, par un travail continu, un goût sûr, une loyauté éprouvée, a fait du Parc le théâtre utile, nécessaire, vivant et brillant” ( Jean Bernard Passerieu, 1909, La vie de Paris, p. 358).
C’est Victor REDING qui remarqua le premier le jeune Abel GANCE. Il décida en effet de lui donner ses chances en tant qu’acteur, à partir d’octobre 1908, en lui confiant un rôle dans une pièce historique d’Albert Dubois (La dernière Dulcinée), puis dans La Patronne de Maurice Donnay. Quelques mois plus tard, Abel se lança dans l’industrie naissante du cinéma.
En 1900, la bourgeoisie bruxelloise était germanophile. Victor REDING y faisait donc programmer des oeuvres en langue allemande15 comme Nora, Faust, Monna Vana et Sappho. Cette tradition, qui dura une dizaine d’années, fut abandonnée à partir de 1912. Les tensions internationales y étaient bien sûr pour quelque chose. Quelques mois avant le début de la guerre, Victor commença à programmer de nombreuses créations belges, avec le soutien des pouvoirs publics.
Le 2 août 1914, l’Allemagne lança un ultimatum à la Belgique. Elle lui demanda de permettre à ses troupes d’accéder au territoire belge. Deux jours plus tard, le 4 août 1914, l’Allemagne envahit la Belgique, neutre. Par le jeu des alliances, la Grande-Bretagne déclara alors la guerre à l’Allemagne et le conflit s’enlisa dans une guerre mondiale. La bourgeoisie bruxelloise commença alors à boycotter les spectacles considérés comme favorables à l’envahisseur. À Bruxelles, les visions cosmopolites et paneuropéennes n’avaient plus la cote ; on pouvait être taxé d’anti-patriotisme et perdre son travail, pour le simple fait d’avoir assisté à un spectacle allemand. Le Parc et la Monnaie – propriétés de la ville de Bruxelles -furent finalement réquisitionnés et devinrent des lieux de divertissement de la garnison allemande.
Au lendemain de la guerre, le 25 février 1919, Victor REDING fit rouvrir son théâtre et inaugura le saison par “Les Semailles” de Gustave Vanzype et – le matin – des oeuvres de “théâtre allié”. Puis, dans les années 1920, le public commença à bouder les œuvres patriotiques et les théâtres se tournèrent vers des programmations plus légères… Victor resta directeur du Parc jusqu’en 1925, l’année où son fils René prit la relève. Mais, cette transition s’avéra difficile. Il n’était pas facile de succéder à Victor Reding (cf. infra)
“René Reding, après avoir secondé son père pendant de nombreuses années, lui succède en 1925, et reste à la tête du théâtre jusqu’en 1946. Après un intermède de seize ans, c’est son fils qui prend la direction du théâtre. Roger Reding a fait ses débuts en qualité d’administrateur du Parc dès 1936-1937 , avant de perfectionner son bagage professionnel au Théâtre de l’Athénée à Paris . Pendant la guerre , il fonde à Nice , où il est réfugié , les Soirées françaises , en collaboration avec son père. La paix revenue , il devient administrateur des Galas Karsenty avec son épouse Renée Olivetti. Ces galas ont été fondés en 1919 par l’homme de théâtre Raphaël Karsenty dans le but d’organiser des tournées mondiales de succès parisiens avec les grands comédiens de l’époque : Raimu, Harry Baur, Charles Dullin

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