Nicolas Reding (1751-1837)

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Nicoals Reding est un mystère. Peu d’enfants de Johan Reding auront autant écrit que lui (il a écrit quelques milliers de pages d’actes notariés) mais il n’a pas laissé d’écrits qui nous révélent sa personnalité. 

Né le 13 février 1751, il a pour parrain Nicolas Webers de Schrondweiler et pour marraine Gertrude Klein[1]. Il est confirmé en 1756, en même temps que sa sœur Marie-Catherine et sa sœur Elisabeth[2].  Etudie chez les Jésuites de Luxembourg, puis réside quelques mois au collège de Virton en 1772 pour y apprendre le français. Il commence à étudier la « pratique » chez l’avocat Leurs à partir de juin 1793. Son père le dézingue dans le procès avec la logeuse en affirmant qu’il aurait fait la bringue à Virton et autres amabilités[3]. Il est nommé procureur (avocat) le 23 juin 1775. Le 25 décembre 1775 il épouse à l’église Saint Nicolas à Luxembourg Gertrude Martin, fille ainée de Jean-Louis Martin et Anne-Marie Krigsman. Dans son acte de mariage Nicolas est dit procureur, bourgeois de la ville de Luxembourg. Jean-Louis Martin est rôtisseur, originaire de Hombourg.

Un premier enfant, Jean, nait en septembre 1776[4]. Un second fils, Jean-Louis, naitra en janvier 1778. Viendront ensuite deux sœurs, Anne-Catherine (feb 1780) et Marie-Jeanne (aout 1782) [5], toutes deux nées à Luxembourg.

Le 20 janvier 1781, Nicolas est nommé notaire par le Conseil Provincial du Luxembourg. Il exerce à Beaufort, où il réside au château, avec son père qui est officier de Pierre Coumont, seigneur de Beaufort et Heringen[6]. Dans de très nombreux actes du notaire Reding et œuvres de loi de Beaufort leurs deux noms apparaissent conjointement.
Apparemment, les relations avec son père se sont améliorées. Visite guidée - Château Renaissance Beaufort - Visit Luxembourg

(Le chateau de Beaufort)

En avril 1784 son frère Henri, de retour de son expédition Lazariste à Heidelberg, est nommé receveur de la famille de Warsberg à Esch sur Sûre, et Nicolas s’y installe comme notaire.  Il habitera  le château [7]. En octobre 1788 sa demande à être enregistré comme procureur à Ettelbrück  est acceptée et elle est enregistrée à Ettelbruck en janvier 1789. En octobre 1789 sa belle-mère Anne Marie Krigsman lui cède ses biens sa maison[8]. A partir de janvier 1790 il officie comme notaire  à Ettelbrück, où sa belle-mère décèdera en août 1793. En 1794 son fils Jean-Louis co-signera comme témoin plusieurs actes avec lui. Les jésuites ont été interdits dans l’empire depuis 1793, le collège de Luxembourg a fermé ses portes et il est probable que Jean-Louis est venu habiter chez son père à Ettelbrück. En mai 1794 Nicolas Reding vend une maison à Ettelbruck pour rembourser ses dettes[9]. Le premier aout 1795, il établit un acte au profit du notaire Bertrand de Wiltz, où sont témoins Nicolas Huttert, son beau-frère, et Henri Reding, son frère. Son dernier acte en tant que notaire à Ettelbrück date du 29 juillet 1796 (11 Thermidor an IV de la république). Ensuite nous perdons sa trace: dans l’acte de décès de son épouse, en 1806, il est dit qu’il est décédé. Mais il est bien vivant : il se remarie à Luxembourg le 11 aout 1809 avec Barbe Spranck, fille de Michel Spranck, avocat et Marie Seyl. Le 20 novembre 1809 il est parrain au baptême de son premier petit-fils, Jean-Nicolas Wagner. En 1815, il est dit dans l’acte de mariage de son fils Jean-Louis qu’il a résidé à Steinfort jusqu’en octobre 1814, et qu’il est depuis sans domicile connu. Il apparait comme témoin lors de la naissance de son petit-fils, Nicolas Reding, le 17.02.1816, avec la mention ‘ex-notaire’. En 1822 sa seconde épouse fait paraitre un avis dans la presse comme quoi elle se sépare de Nicolas Reding.

Nicolas Reding meurt à Arlon, le 01.02.1837, ‘sans biens’, veuf de Barbe Spranck.

Il est certain que Nicolas Reding a vécu une période très agitée, qui peut expliquer ses fréquents déménagements et surtout la période inconnue de sa vie entre 1796 et 1837. A-t-il eu des difficultés avec le nouveau régime ? Son frère étant connu comme opposant au régime Napoléonien, il n’a probablement pas été à même de solliciter des fonctions à l’administration. Et le fait que son fils soit médecin aux armées n’a pas dû y changer grand’chose. Mais ce ne sont là que des hypothèses. Reste que peu de temps après l’invasion française, Nicolas Reding a abandonné son étude de notaire et que nous ignorons ce qu’il devint pendant les quarante années qui suivent.

Lors de son second mariage, à Luxembourg, en 1809, ses témoins sont huissiers. Peut-être a-t-il exercé ce métier après le notariat ?

Ex : Marc Limpach et Denis Scotto chez  De Gruyter :  Les avocats comme les procureurs étaient nommés et surveillés par le Conseil provincial. Les avocats luxembourgeois s’organisèrent sous forme de barreau au 17e siècle, le 10 octobre 1630, principalement pour défendre leur privilège de pré-séance  lors  de  processions  religieuses.10  Contrairement  aux  centres  politiques  de  France,  d’Allemagne  ou  des  Pays-Bas,  le  cumul  de  fonctions,  procureur  et  notaire, mais encore clerc, mayeur, échevin, etc., était souvent de mise au comté puis duché de Luxembourg. Concernant les notaires de l’époque dans la province luxembourgeoise  des  Pays-Bas,  Nicolas  Majerus  note  ainsi  dans  son  Histoire  du  droit  :  « Les  revenus  des  notaires  qui  étaient  de  simples  gratte-papiers  étaient  minimes  et  la  plupart  d’entre  eux  se  vit  forcée  d’exercer  l’emploi  de  procureur  pour pouvoir nourrir une famille. »

 

[1] Fille de Catherine Schommes alias Reding et de Mathias Klein alias Steinmetz, donc probablement sa tante.
Gertrude Klein alias Steinmetz épousera Valentin Eichelborn alias Ries dont Marie Catherine, Marie Elisabeth et Elisabeth Ries.

[2] Pour leur confirmation, les enfants auront tous un parrain/marraine différents des PM de baptème. En l’occurrence respectivement Catherine Reding Klein pour Marie Catherine, Nicolas Redig pour Nicolas, et Barbara Schommes pour Elisabeth, tous de Meysembourg.

[3]Voir : Procès de la logeuse des enfants Reding contre leur père, officier à Messancy.

[4] Je n’ai pas trouvé son acte de décès, probablement survenu avant 1778.

[5] Marie-Jeanne épousera en premières noces Jean-François Wagner dont elle aura trois fils, puis Jean Conrardy, dont elle aura une très nombreuse descendance, dont un petit-fils fera souche aux Etats-Unis.

[6] « Im schloss Befort »

[7] Plusieurs actes mentionnent « im schloss von Esch an der Sauer »

[8] Notaire Bertrand de Wiltz

[9] Notaire Donlinger à Ettelbrück, 13 mai 1794, acte 114

 

 


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